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Ouvrage paru aux éditions du Croquant le 1er mars 2018

Cher visiteur,

Ce site vous propose une vue synthétique de mes activités d’enseignant-chercheur. Professeur de sociologie historique et directeur honoraire de l’Institut d’études politiques de Grenoble, je poursuis des recherches au carrefour de l’histoire et de la science politique.

Mon questionnement central est celui des mises en scène et des mises en image du politique. Il se décline en plusieurs axes de travail.

Les rapports entre République, laïcité et espace public constituent un premier ensemble. Les fêtes sous la IIIe République ont été le point de départ de cet axe de travail (La fête républicaine, Gallimard, 1996). À l’époque, ces célébrations constituaient le vecteur essentiel de la socialisation politique. Ce sont par elles que les Français faisaient corps : ils s’y retrouvaient, échangeaient leurs opinions, partageaient des repas (d’où le rôle politique des banquets)… Autant de rites et de pratiques qui permettaient de cultiver l’idée d’égalité. Par la suite, j’ai développé cette réflexion sur des objets tels que le sacré dans l’espace public, les symboles républicains, la religion civile ou le protocole politique.

Mon deuxième champ de préoccupation a été celui de la démocratie et des élections. J’ai analysé le vote comme rituel (Le vote, Montchrestien, 2000 ; L’acte de vote, Presses de Sciences Po, 2008), en prenant au sérieux l’espace du bureau de vote. J’ai montré en quoi il participait de ce qu’on pourrait appeler une civilité électorale. L’étude des bulletins blancs et nuls, celle de la fraude électorale ou des financement des élections aux États-Unis est venue étayer cet ensemble.

Troisième sujet d’intérêt : le mérite en République. J’ai proposé une analyse sociohistorique des décorations en France. La plus connue est la Légion d’honneur. Le véritable bénéficiaire d’une décoration n’est pas celui qui la reçoit, mais celui qui la donne. Telle est la thèse que j’ai défendue dans un ouvrage : Le mérite et la République (Gallimard, 2007). Vous trouverez sur ce site des compléments à la version papier de ce livre : cahier iconographiqueTravaux pratiques, Une redemptio d’État.

Les « sciences » de gouvernement sont une autre de mes grandes thématiques de recherche. Réflexion ayant trait à la construction de l’État comme à l’épistémologie des sciences sociales, elle consiste à s’interroger sur ce qui fait effet de science en politique. En d’autres termes, il s’agit de questionner les formes savantes (indicateurs, commissions d’expert, économie de l’école de Chicago…) sur lesquelles s’appuient les professionnels de la politique pour légitimer leur action.

Mes recherches plus récentes portent sur le rire et le sacré ainsi que sur la représentation photographique. J’ai proposé une lecture de la signification politique du rire, notamment des usages sociaux des caricatures au XIXe siècle. Alors que le suffrage universel masculin se mettait progressivement en place, la souveraineté du peuple s’est longtemps exprimé par d’autres moyens que le bulletin de vote. Rire de concert, défiler derrière un drapeau, acclamer en chœur, danser ensemble : autant de pratiques populaires dressées comme des revendications de souveraineté. Le triptyque publié aux éditions du Croquant (La Barricade renversée. Histoire d’une photographie ; Une histoire de la représentation. Louis Marie Bosredon et le Paris de 1848 ; Le premier portrait photographique. Paris 1837) se veut une plongée dans une double révolution : la représentation politique et la représentation photographique. Une grande transformation en a résulté pour le destin des espaces publics et des rapports sociaux.

Au delà de la recherche, ce site met à la disposition des étudiants des plans de cours ainsi que des signets. L’ensemble de mes interventions dans la presse, à la radio ou à la télévision est également disponible en page Médias. Enfin, vous trouverez en bas de cette page l’annonce des dernières mises à jour.

A signaler que collègues et curieux trouveront plus d’informations sur l’histoire de l’IEP de Grenoble en se rendant sur un sous-site mis en place à l’occasion du soixantenaire de l’institution : www.60ans-iepg.fr.

En vous souhaitant une agréable visite,

Olivier Ihl