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Ouvrage paru aux éditions du Croquant le 1er septembre 2016

Cher visiteur,

Ce site vous propose une vue synthétique de mes activités d’enseignant-chercheur. Professeur de science politique et directeur honoraire de l’Institut d’études politiques de Grenoble, mes recherches se situent au carrefour de l’histoire et de la science politique.

Mon questionnement central est celui des mises en scène du politique. Celui-ci se décline en plusieurs axes de travail.

Les rapports entre République, laïcité et espace public constituent un premier ensemble. Les fêtes sous la IIIe République ont été le point de départ de cet axe de travail (La fête républicaine, Gallimard, 1996). À l’époque, ces fêtes constituaient le vecteur essentiel de la socialisation politique. Ce sont par elles que les Français faisaient corps : ils s’y retrouvaient, échangeaient leurs opinions, partageaient des repas (qu’on appelait alors des banquets)… Autant de rites et de pratiques qui faisaient d’eux des égaux. Par la suite, j’ai développé cette réflexion vers des objets tels que le sacré en République, les symboles républicains, la religion civile ou le protocole politique.

Mon deuxième champ de préoccupation a été celui de la démocratie et des élections. J’ai analysé le vote comme rituel (Le vote, Montchrestien, 2000 ; L’acte de vote, Presses de Sciences Po, 2008), rituel à observer directement depuis le bureau de vote. J’ai montré en quoi il participait de ce qu’on pourrait appeler une civilité électorale. L’étude des bulletins blancs et nuls, de la fraude électorale et des élections aux États-Unis est venue étayer cet ensemble. En 2016, j’ai voulu retracer la genèse de la démocratie électorale « à hauteur d’épaule » avec La Barricade renversée. Histoire d’une photographie et Une histoire de la représentation. Louis Marie Bosredon et le Paris de 1848 (Éd. du Croquant, 2016).

Troisième sujet d’intérêt : le mérite en République. Dans Le mérite et la République (Gallimard, 2007), j’ai proposé une analyse sociohistorique des décorations en France. La plus connue est la Légion d’honneur. Le véritable bénéficiaire d’une décoration n’est pas celui qui la reçoit, mais celui qui la donne. Telle est la thèse que j’ai défendue dans cet ouvrage. Vous trouverez sur ce site des compléments à la version papier de l’ouvrage : cahier iconographiqueTravaux pratiques, Une redemptio d’Etat.

Les « sciences » de gouvernement sont une autre de mes grandes thématiques de recherche. Réflexion ayant trait à la construction de l’État comme à l’épistémologie des sciences sociales, celle-ci consiste à s’interroger sur ce qui fait effet de science en politique. En d’autres termes, il s’agit de questionner les formes savantes (indicateurs, commissions d’expert, économie de l’école de Chicago…) sur lesquelles s’appuient les professionnels de la politique pour légitimer leur action.

Mes recherches plus récentes sur le rire et le sacré ainsi que sur le développement du rôle de l’image. J’ai proposé une lecture de la signification politique du rire, des usages sociaux des caricatures au XIXe siècle. Alors que le suffrage universel masculin se mettait progressivement en place, la souveraineté du peuple s’exprimait par d’autres moyens que le bulletin de vote. Rire de concert, acclamer en choeur, danser ensemble : autant de pratiques manifestant des catégories populaires souveraines de leur destinée sociale.

Ce site met à la disposition des étudiants des plans de cours ainsi que des signets. L’ensemble de mes interventions dans la presse, à la radio ou à la télévision est disponible en page Médias. Vous trouverez en bas de cette page l’annonce des dernières mises à jour.

Enfin, collègues et curieux trouveront plus d’informations sur l’histoire de l’IEP de Grenoble en se rendant sur un sous-site mis en place à l’occasion du soixantenaire de l’institution : www.60ans-iepg.fr.

En vous souhaitant une agréable visite,

Olivier Ihl